1. Système chimique et transformation chimique
Un système chimique évolue d'un état initial vers un état final selon une réaction modélisée par l'équation . L'avancement de la réaction, noté (en mol), mesure la progression de la transformation à un instant : à l'état initial, à l'état final. Entre les deux, le système passe par une succession continue d'états intermédiaires que la cinétique cherche à décrire.
2. Transformations lentes, rapides et quasi instantanées
Une transformation rapide (ou quasi instantanée) n'est pas perceptible à l'œil nu : elle semble achevée dès le mélange, comme la précipitation . Une transformation lente évolue au contraire sur une durée mesurable (secondes à jours), comme la rouille du fer ou l'action de l'eau oxygénée sur les ions iodure. Ce caractère dépend de la nature des réactifs et des conditions expérimentales (concentration, température, catalyseur).
3. Suivre l'évolution temporelle d'une transformation lente
On suit une grandeur liée à . Méthodes physiques : conductimétrie si des ions apparaissent/disparaissent () ; pH-métrie pour ; spectrophotométrie pour une espèce colorée (Beer-Lambert ) ; mesure du volume ou de la pression d'un gaz. Méthodes chimiques : prélèvements réguliers suivis d'une trempe (dilution glacée) qui ralentit fortement la réaction, avant dosage par titrage.
4. Interprétation microscopique : la théorie des collisions
Une réaction résulte de chocs efficaces entre entités réactives. Un choc n'est efficace que s'il réunit une orientation favorable et une énergie cinétique suffisante pour rompre les liaisons. La vitesse macroscopique est directement liée à la fréquence des chocs efficaces : plus elle est grande, plus la transformation progresse vite. Cette théorie explique l'action de chaque facteur cinétique.
5. Premier facteur cinétique : la concentration des réactifs
Une augmentation de concentration accroît la vitesse : plus les entités sont nombreuses par unité de volume, plus les chocs (donc les chocs efficaces) sont fréquents. On le vérifie en comparant deux expériences identiques ne différant que par la concentration d'un réactif (magnésium dans deux solutions d'acide chlorhydrique de concentrations différentes) : le gaz apparaît plus vite dans la solution la plus concentrée.
6. Deuxième facteur cinétique : la température
Une élévation de température accélère presque toujours une transformation : l'agitation thermique accrue augmente la fréquence des chocs et l'énergie qu'ils transportent. Chauffer accélère donc la réaction, tandis que la trempe (refroidissement brutal, souvent associée à une dilution) permet de la ralentir fortement pour figer la composition en vue d'un dosage.
7. Troisième facteur cinétique : le catalyseur
Un catalyseur augmente la vitesse d'une réaction sans être consommé : régénéré en fin de réaction, il n'apparaît jamais dans l'équation bilan. Il est spécifique et n'agit que sur la vitesse, jamais sur . On distingue la catalyse homogène (même phase que les réactifs), hétérogène (phase différente, souvent solide) et enzymatique (catalyseur biologique, très spécifique).
8. Vitesse de réaction : approche qualitative
Sur la courbe , la vitesse volumique de réaction correspond au coefficient directeur de la tangente à un instant donné. Elle est maximale au début (réactifs les plus concentrés), puis diminue progressivement jusqu'à s'annuler en fin de réaction. Le temps de demi-réaction , tel que , sert d'indicateur pratique pour comparer la rapidité de plusieurs transformations.