1. Transformation spontanée et transformation forcée
Une transformation chimique associée à une réaction d'oxydoréduction est dite spontanée lorsqu'elle évolue seule, sans intervention extérieure, dans le sens qui fait diminuer l'écart entre le quotient de réaction et la constante d'équilibre (c'est le fonctionnement d'une pile). Elle est au contraire dite forcée lorsqu'on impose, à l'aide d'un générateur électrique extérieur, une évolution dans le sens inverse du sens spontané, c'est-à-dire dans le sens qui éloigne le système de son état d'équilibre. C'est le principe de l'électrolyse : le générateur fournit l'énergie électrique nécessaire pour forcer des transferts d'électrons qui ne se produiraient pas seuls.
2. Principe de l'électrolyseur
Un électrolyseur (ou cellule d'électrolyse) est constitué de deux électrodes plongées dans une même solution électrolytique (ou dans un électrolyte fondu) et reliées à un générateur électrique qui impose le sens et l'intensité du courant. Contrairement à la pile, où le courant circule spontanément, c'est ici le générateur qui impose la circulation des électrons, et donc le sens des réactions aux électrodes.
3. Polarité des électrodes en électrolyse
La polarité des électrodes d'un électrolyseur est imposée par le générateur, et non par la réaction chimique elle-même. L'électrode reliée à la borne positive du générateur est l'anode, siège d'une oxydation ; l'électrode reliée à la borne négative est la cathode, siège d'une réduction. Attention : dans une pile, l'anode est la borne négative, alors qu'en électrolyse c'est l'inverse. Seule la définition reste identique : oxydation à l'anode, réduction à la cathode.
4. Réactions aux électrodes
À la cathode, les électrons apportés par le générateur sont captés par une espèce oxydante présente en solution, qui est réduite : par exemple les cations métalliques peuvent s'y déposer sous forme métallique, . À l'anode, une espèce réductrice cède des électrons au circuit extérieur : c'est soit une espèce en solution (ion, molécule d'eau), soit le métal de l'électrode elle-même si elle est attaquable. L'équation bilan s'obtient en combinant les deux demi-équations, pondérées pour égaliser le nombre d'électrons échangés.
5. Électrodes inertes et électrodes actives
Une électrode inerte (platine, graphite) ne participe pas elle-même à la réaction : c'est alors une espèce de la solution qui est oxydée à l'anode, souvent l'eau selon . Une électrode active (ou anode soluble), par exemple une électrode de cuivre, est elle-même oxydée : . Ce second cas est exploité dans l'affinage électrolytique et le dépôt galvanique, où l'anode s'appauvrit pendant que la cathode s'enrichit du même métal.
6. Quantité d'électricité mise en jeu
Lorsqu'un courant d'intensité constante traverse l'électrolyseur pendant une durée , la quantité d'électricité (charge électrique) qui a circulé vaut , avec en ampère (A), en seconde (s) et en coulomb (C). Cette charge correspond au nombre d'électrons échangés aux électrodes : plus est grande, plus la quantité de matière transformée est importante.
7. Loi de Faraday
La constante de Faraday représente la charge électrique transportée par une mole d'électrons. La quantité de matière d'électrons échangés au cours de l'électrolyse est donc . À partir de la demi-équation électronique d'une électrode, où électrons sont échangés par mole d'espèce formée ou consommée, on obtient la quantité de matière de cette espèce : . C'est la loi de Faraday de l'électrolyse, qui permet de calculer la masse de métal déposé () ou le volume de gaz dégagé ().
8. Applications industrielles de l'électrolyse
L'électrolyse a de nombreuses applications industrielles : la métallurgie (aluminium par électrolyse de l'alumine fondue, sodium et dichlore par électrolyse du chlorure de sodium), l'affinage électrolytique des métaux (purification du cuivre avec anode soluble impure et cathode de cuivre pur), la galvanoplastie (dépôt d'une couche métallique protectrice ou décorative, comme le chromage), ainsi que la production de dihydrogène par électrolyse de l'eau, filière étudiée pour le stockage de l'énergie.