1. Présentation du dipôle RC
Un dipôle RC est l'association en série d'un conducteur ohmique de résistance et d'un condensateur de capacité . Ce dipôle joue un rôle fondamental dans l'étude des régimes transitoires : lorsqu'on soumet ce circuit à un échelon de tension (fermeture ou ouverture d'un interrupteur), la tension aux bornes du condensateur ne peut pas varier instantanément ; elle évolue de façon continue vers sa valeur finale. On distingue deux phénomènes complémentaires : la charge du condensateur, lorsqu'il emmagasine de l'énergie électrique sous l'effet d'un générateur de force électromotrice , et la décharge, lorsqu'il restitue cette énergie à travers la résistance .
2. Charge du condensateur : établissement de l'équation différentielle
On considère un circuit série comportant un générateur de f.é.m. , un conducteur ohmique de résistance et un condensateur de capacité , initialement déchargé (). À la fermeture de l'interrupteur, la loi d'additivité des tensions (loi des mailles) s'écrit : . Comme le courant est lié à la charge du condensateur par , on obtient l'équation différentielle du premier ordre régissant la charge :
3. Résolution de l'équation différentielle en régime de charge
La solution générale de cette équation différentielle linéaire du premier ordre à coefficients constants est la somme d'une solution particulière (le régime permanent, ) et d'une solution de l'équation homogène (). On obtient : où la constante est déterminée grâce à la condition initiale . Cette fonction croît de manière continue depuis jusqu'à la valeur asymptotique , sans jamais la dépasser ni l'atteindre exactement en un temps fini : c'est le régime transitoire de charge.
4. La constante de temps
Le produit , homogène à un temps (en secondes si est en ohms et en farads), caractérise la rapidité du régime transitoire : plus est petit, plus la charge (ou la décharge) est rapide. À l'instant , la tension a atteint environ 63 % de sa valeur finale (). On considère classiquement que le régime permanent est atteint au bout d'une durée , instant où .
5. Décharge du condensateur à travers la résistance
Lorsque le condensateur, initialement chargé sous la tension , est isolé du générateur et relié directement à la résistance , la loi des mailles donne cette fois , soit, avec : La solution de cette équation homogène, compte tenu de la condition initiale , s'écrit : La tension décroît alors de façon exponentielle depuis vers , avec la même constante de temps que lors de la charge.
6. Évolution du courant électrique
Pendant la charge, en dérivant ou en injectant la solution dans la loi des mailles, on trouve : Le courant est maximal à la fermeture du circuit () puis décroît exponentiellement vers zéro, car le condensateur cesse progressivement de se charger. Pendant la décharge, le courant garde la même forme exponentielle mais change de sens par rapport au sens choisi pour la charge, ce qui traduit le fait que le condensateur restitue l'énergie qu'il avait emmagasinée.
7. Aspects énergétiques
Le condensateur chargé sous la tension emmagasine une énergie électrique , exprimée en joules (J). Lors de la charge complète à travers , le générateur fournit une énergie totale ; la moitié de cette énergie, soit , est stockée dans le condensateur, tandis que l'autre moitié est dissipée par effet Joule dans la résistance, quelle que soit la valeur de . Lors de la décharge, la totalité de l'énergie initialement stockée est intégralement dissipée par effet Joule dans la résistance.
8. Détermination expérimentale de la constante de temps
Deux méthodes graphiques permettent de déterminer à partir d'un enregistrement oscilloscopique de : la méthode de la tangente à l'origine, qui consiste à tracer la tangente à et à lire l'abscisse de son intersection avec l'asymptote (cette abscisse vaut ) ; et la méthode des 63 %, qui consiste à repérer l'instant où atteint 63 % de (charge) ou 37 % de (décharge). Ces deux méthodes doivent, en principe, donner la même valeur de .