1. Le modèle planétaire de l'atome d'hydrogène
L'atome est presque entièrement vide : un noyau central, très petit et très massif, porte la charge positive (un proton pour l'hydrogène), autour duquel gravite un électron de charge et de masse . Par analogie avec les planètes autour du Soleil, ce modèle est dit planétaire : dans le modèle de Bohr, l'électron décrit autour du proton, supposé fixe, une trajectoire circulaire de rayon , dans un référentiel lié au noyau supposé galiléen.
2. La force électrique noyau-électron (interaction coulombienne)
Le proton et l'électron, de charges opposées, s'attirent selon la loi de Coulomb :
où , et la distance noyau-électron. La force est dirigée de l'électron vers le proton : elle joue le rôle de force centripète.
3. Application de la deuxième loi de Newton
Dans le référentiel du noyau galiléen, l'électron n'est soumis qu'à la force électrique (la gravitation est négligeable). La deuxième loi de Newton donne :
soit, sur l'axe radial dirigé vers le noyau :
4. Nature du mouvement : trajectoire circulaire uniforme
La force étant toujours radiale, l'accélération est purement centripète : la vitesse reste constante, le mouvement est circulaire uniforme. Avec , la relation devient :
Cette équation newtonienne relie et mais n'impose, à elle seule, aucune valeur particulière de .
5. Le postulat de quantification de Bohr
Pour expliquer la stabilité de l'atome et les raies discrètes de l'hydrogène, Bohr postule que le moment cinétique de l'électron ne prend que des valeurs multiples entières de :
où et le nombre quantique principal. Seules les orbites vérifiant cette condition sont permises.
6. Rayons des orbites permises : le rayon de Bohr
En combinant la relation newtonienne (étape 4) et le postulat de Bohr (étape 5), on élimine et on obtient :
Le rayon de Bohr correspond à l'orbite fondamentale () : les rayons permis sont quantifiés, valant , , , etc.
7. Énergie totale de l'électron : niveaux d'énergie quantifiés
L'énergie totale est , avec et (référence nulle à l'infini). Comme , on montre que , d'où :
En remplaçant par , l'énergie est elle aussi quantifiée :
négative caractérise l'état fondamental (), électron lié. Les états sont des états excités, moins liés.
8. Limites du modèle classique de Bohr
Le modèle de Bohr contredit l'électromagnétisme classique : une charge accélérée devrait, selon Maxwell, rayonner continûment de l'énergie, ce qui ferait spiraler l'électron vers le noyau en un temps très court — l'atome serait instable, contrairement à l'expérience. De plus, le postulat de quantification, purement empirique, ne se généralise correctement qu'aux ions hydrogénoïdes et n'explique ni la structure fine des raies, ni les atomes polyélectroniques. Ces limites ont conduit à son remplacement par la mécanique quantique (équation de Schrödinger).