1. Énergie cinétique d'un solide en translation
Tout solide en mouvement possède une énergie liée à sa vitesse, appelée énergie cinétique. Pour un solide de masse animé, à un instant donné, d'une vitesse dans un mouvement de translation, l'énergie cinétique vaut :
avec en kilogrammes (kg), en mètres par seconde (m.s) et en joules (J). L'énergie cinétique est toujours positive ou nulle ; elle est nulle uniquement si le solide est au repos.
2. Énergie cinétique d'un solide en rotation autour d'un axe fixe
Lorsqu'un solide tourne autour d'un axe fixe avec une vitesse angulaire , chaque point du solide décrit un mouvement circulaire à une vitesse différente, mais l'ensemble du solide possède une énergie cinétique globale qui s'écrit :
où est le moment d'inertie du solide par rapport à l'axe (en kg.m), grandeur qui traduit la répartition de la masse autour de l'axe, et la vitesse angulaire en rad.s.
3. Rappel : travail des forces usuelles
Le travail d'une force constante entre deux points A et B est . Le travail du poids ne dépend que du dénivelé : . Une force perpendiculaire au déplacement (réaction normale, tension d'un fil guidé) a un travail nul. La force de frottement a toujours un travail résistant : .
4. Théorème de l'énergie cinétique en translation
Pour un solide en translation entre un état initial A et un état final B, la variation de son énergie cinétique est égale à la somme des travaux de toutes les forces extérieures appliquées au solide, y compris celles dont le travail est nul :
Ce théorème est très utile car il relie directement les forces à la variation de vitesse sans devoir calculer l'accélération, notamment lorsque les forces ne sont pas toutes constantes le long du trajet.
5. Théorème de l'énergie cinétique en rotation autour d'un axe fixe
Pour un solide en rotation autour d'un axe fixe , la variation de l'énergie cinétique de rotation est égale à la somme des travaux des moments des forces (ou couples) appliqués par rapport à cet axe :
Lorsque le moment d'une force reste constant pendant la rotation, son travail sur un angle (exprimé en radians) vaut .
6. Moment d'inertie de quelques solides usuels
Le moment d'inertie dépend de la forme du solide et de la position de l'axe. Pour un disque ou un cylindre plein homogène de masse et de rayon tournant autour de son axe de symétrie : . Pour un anneau ou un cerceau de même masse et rayon : . Pour une tige mince de longueur tournant autour d'un axe perpendiculaire passant par son centre : . Pour une sphère pleine homogène : .
7. Systèmes mixtes : translation et rotation combinées
Dans de nombreuses situations (masse suspendue à un fil enroulé sur une poulie, treuil, engrenage), un solide en translation est lié à un solide en rotation par un fil inextensible qui ne glisse pas. La condition de non-glissement impose la relation entre la vitesse linéaire du fil et la vitesse angulaire de la poulie de rayon . Le théorème de l'énergie cinétique s'applique alors à l'ensemble du système : le travail de la tension interne au système (fil) s'annule entre les deux solides, et seules les forces extérieures (poids, frottements) interviennent dans le bilan.
8. Intérêt et limites du théorème de l'énergie cinétique
Le théorème de l'énergie cinétique constitue un outil énergétique puissant, complémentaire à la relation fondamentale de la dynamique. Il permet de déterminer une vitesse finale sans connaître le détail temporel du mouvement, en particulier lorsque les forces de frottement varient ou lorsque la trajectoire est complexe. Il s'applique aussi bien à un solide isolé qu'à un système de plusieurs solides liés, à condition de considérer la somme des énergies cinétiques et la somme des travaux de toutes les forces extérieures au système global.