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🗺️ ATLAS DES CONCEPTS — Raisonnement · 1BAC SM
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Le raisonnement par récurrence

L'effet domino qui démontre une infinité de cas

🀄 Manipule : déclenche l'effet domino

Pose la première pièce, vérifie que chaque pièce pousse la suivante, puis lance la cascade infinie.

13 dominos numérotés de 0 à 12 attendent debout. Commence par l'initialisation : fais tomber P(0).

🧱 Le problème : prouver une infinité de cas

Considère la formule : . Elle marche pour (le membre de gauche vaut 1, celui de droite aussi). Elle marche pour , pour , pour

Mais comment prouver qu'elle est vraie pour TOUS les entiers, c'est-à-dire pour une infinité de valeurs ? Tu ne peux pas les vérifier une par une : tu n'auras jamais fini.

L'idée géniale : au lieu de prouver une infinité de cas, on prouve seulement deux choses — et l'infini s'écroule tout seul, comme une rangée de dominos.

🀄 L'effet domino en deux étapes

Imagine une rangée infinie de dominos debout, numérotés Tu veux qu'ils tombent tous. Il te suffit de garantir deux choses :

  • ① Initialisation : tu fais tomber le premier domino, celui d'indice 0 (ou le premier rang concerné).
  • ② Hérédité : tu garantis que chaque domino qui tombe pousse le suivant. Autrement dit, si est vraie, alors est vraie aussi.

Si ces deux conditions sont réunies, la conclusion est imparable : le domino 0 tombe (par ①), donc il pousse le 1 (par ②), qui pousse le 2, qui pousse le 3… la cascade ne s'arrête jamais. Tous les dominos tombent.

Avec seulement DEUX vérifications, on démontre une INFINITÉ de cas.

C'est le seul outil du programme qui permet de prouver quelque chose « pour tout entier » d'un seul coup.

📐 La rédaction type (à connaître par cœur)

On note la propriété à démontrer. La rédaction suit toujours le même squelette en trois temps :

Initialisation. On vérifie que est vraie pour le premier rang .

Hérédité. On suppose vraie pour un entier quelconque (c'est l'hypothèse de récurrence), et on démontre qu'alors est vraie.

Conclusion. Par principe de récurrence, est vraie pour tout entier .

✍️ Exemple entièrement rédigé

Démontrons par récurrence que pour tout entier  : On note cette égalité.

Initialisation. Pour  : le membre de gauche vaut , et le membre de droite vaut . Les deux sont égaux, donc est vraie.

Hérédité. Supposons vraie pour un entier fixé, c'est-à-dire : Montrons alors . On ajoute aux deux membres :

Or est exactement la formule au rang (remplace par dans ). Donc est vraie. L'hérédité est établie.

Conclusion. est vraie et la propriété est héréditaire : par principe de récurrence, pour tout entier , .

⚠️ Pourquoi les DEUX conditions sont indispensables

Beaucoup d'élèves oublient une étape. Or chacune est vitale : il suffit qu'une seule manque pour que la preuve s'effondre. Teste-le dans la visualisation ci-dessus.

  • Sans initialisation : l'hérédité dit « si un domino tombe, le suivant tombe ». Mais si aucun domino ne tombe jamais en premier, la chaîne reste debout pour l'éternité. Exemple piège : la propriété « » est héréditaire à partir d'un certain rang… mais fausse pour . Sans vérifier le bon point de départ, on « démontre » du faux.
  • Sans hérédité : un seul maillon cassé suffit à arrêter la cascade. Si le domino ne pousse pas le , tous les dominos après restent debout, même si les premiers sont tombés. L'initialisation seule ne prouve qu'un cas.

Le faux classique : « tous les chevaux sont de la même couleur ». La preuve a une initialisation correcte et une hérédité qui semble marcher, mais elle échoue secrètement au passage de à . Moralité : l'hérédité doit être vraie pour tous les rangs, sans exception cachée.

🎯 Les pièges classiques au bac

  • Oublier d'utiliser l'hypothèse de récurrence : si tu ne te sers jamais de « vraie » dans l'hérédité, c'est qu'il y a une erreur — la récurrence n'apporte rien.
  • Mauvais rang d'initialisation : pour une inégalité comme , vérifie bien à partir de quel elle démarre.
  • Confondre « pour un fixé » et « pour tout » : dans l'hérédité, est un entier quelconque mais fixé, pas une variable libre.
  • Conclusion bâclée : le correcteur attend explicitement la phrase « par principe de récurrence, est vraie pour tout ».
  • Hérédité « dans le mauvais sens » : on part de pour aller vers , jamais l'inverse.

🎓 Le lien avec ton programme bac

Le raisonnement par récurrence est un attendu majeur de 1BAC SM (filière Sciences Maths). On l'utilise constamment :

  • Suites : démontrer qu'une suite est croissante, majorée, ou qu'elle vérifie une formule explicite .
  • Inégalités : prouver , l'inégalité de Bernoulli , etc.
  • Divisibilité : montrer que est divisible par , que est divisible par
  • Sommes : établir et autres formules.
  • Calcul matriciel / probabilités : expression de , ou d'un état probabiliste après étapes.

C'est aussi un grand classique de l'épreuve écrite : presque chaque année, au moins une question commence par « Démontrer par récurrence que… ». Maîtriser le squelette de rédaction te garantit des points faciles.

Le principe de récurrence n'est pas un « truc » : c'est l'un des axiomes fondateurs de l'arithmétique (axiomes de Peano, 1889). Il dit, en substance, que l'ensemble des entiers est exactement ce qu'on obtient en partant de et en ajoutant indéfiniment. Démontrer par récurrence, c'est explorer l'infini avec une lampe de poche qui éclaire toujours le pas suivant.

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