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🗺️ ATLAS DES CONCEPTS — Probabilités · 2BAC SM
🎯

La loi binomiale

n répétitions, une probabilité p : la planche de Galton

🎛️ Manipule : déforme la loi binomiale

Change le nombre d'épreuves n et la probabilité de succès p, et observe le diagramme en barres de P(X=k).

Espérance E(X)=np

5.00

Écart-type σ

1.581

Mode (k le + probable)

k=5
P=0.246

B(10, 0.5) : distribution symétrique centrée sur E(X) = 5. Bouge les curseurs…

🎲 Une expérience à deux issues : l'épreuve de Bernoulli

Tu lances une pièce : pile ou face. Tu lances un dé et tu regardes si tu obtiens un six : six ou pas six. Tu tires une carte : cœur ou pas cœur. À chaque fois, il n'y a que deux résultats possibles.

On appelle ça une épreuve de Bernoulli. On choisit l'un des deux résultats qu'on appelle le succès (probabilité ), et l'autre le échec (probabilité ). C'est la brique élémentaire de tout ce chapitre.

Épreuve de Bernoulli : une expérience aléatoire à exactement deux issues, succès (proba ) ou échec (proba ). Si vaut en cas de succès et sinon, alors et .

🔁 On répète n fois : le schéma de Bernoulli

Maintenant, on ne fait pas l'expérience une seule fois : on la répète fois. Et surtout :

  • les répétitions sont identiques (même à chaque fois) ;
  • les répétitions sont indépendantes (un résultat n'influence pas les suivants).

Ce dispositif s'appelle un schéma de Bernoulli de paramètres et . La question naturelle devient : combien de succès vais-je obtenir au total ? On note ce nombre de succès. peut valoir .

La loi de probabilité de cette variable aléatoire s'appelle la loi binomiale, notée .

🧮 La formule magique : P(X = k)

Pour obtenir exactement succès, il faut deux choses. D'abord, choisir placer ces succès parmi les répétitions : c'est le coefficient binomial (qu'on lit «  parmi  »). Ensuite, chaque scénario a la même probabilité : pour les succès et pour les échecs.

Cette formule donne la hauteur de chaque barre du diagramme que tu manipules en haut. Si tu additionnes toutes les barres,  : c'est la loi tout entière.

🔺 Les coefficients binomiaux & le triangle de Pascal

Le coefficient compte le nombre de façons de choisir objets parmi sans tenir compte de l'ordre. Sa formule exacte :

Mais on n'a pas toujours besoin de la calculer : le triangle de Pascal les engendre tous par simple addition, grâce à la relation (chaque nombre est la somme des deux du dessus) :

  •  :
  •  :
  •  :
  •  :
  •  :

On y retrouve aussi des symétries utiles : , et les valeurs de bord .

📊 Espérance et variance : où se concentre la loi

Combien de succès en moyenne ? L'intuition est limpide : si tu lances pièces équilibrées, tu t'attends à environ piles. En général :

L'espérance est la position de la ligne verticale jaune dans la visualisation : le « centre de gravité » de la distribution. L'écart-type mesure l'étalement : il est maximal quand (la loi est large et symétrique) et minimal quand est proche de ou de .

🎯 Exemple traité : 10 lancers de dé, exactement 3 six

On lance un dé équilibré fois. Le succès = « obtenir un six », donc et . Soit le nombre de six. On veut .

On applique directement la formule avec  :

On calcule chaque morceau : , puis et . Au final :

, soit environ 15,5 % de chances d'obtenir exactement trois six en dix lancers.

Au passage : six en moyenne. Trois six, c'est un peu au-dessus de la moyenne : c'est cohérent que ce ne soit pas l'événement le plus probable.

📈 Quand n est grand : le lien avec la loi normale (TCL)

Manipule la visualisation et monte jusqu'à avec autour de . Tu vois apparaître la célèbre courbe en cloche. Ce n'est pas un hasard : c'est le théorème central limite (TCL) à l'œuvre.

Quand devient grand, la loi binomiale s'approche d'une loi normale de même espérance et de même écart-type . C'est exactement le principe de la planche de Galton : des milliers de billes qui tombent en heurtant des clous (autant d'épreuves de Bernoulli) s'empilent en formant une magnifique cloche gaussienne.

🎓 Le lien avec ton programme bac

La loi binomiale est un pilier des probabilités de 2BAC SM et un classique de l'épreuve :

  • Reconnaître un schéma de Bernoulli : identifier , , le succès, et justifier l'indépendance et la répétition à l'identique ;
  • Calculer , , à la calculatrice (fonctions binomFdp / binomFRép) ;
  • Utiliser et pour interpréter une situation ;
  • Intervalle de fluctuation et prise de décision (un échantillon est-il conforme ?) ;
  • Lien avec la loi normale via le TCL pour les grands échantillons.

La loi binomiale est née des travaux de Jacques Bernoulli (publiés en 1713 dans Ars Conjectandi). Trois siècles plus tard, elle est partout : contrôle qualité en usine, taux de réussite d'un traitement médical, fiabilité d'un sondage, tests A/B sur un site web. Dès qu'on répète une même épreuve « ça marche ou ça marche pas », elle est là.

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